Miss île

Mes cris sont des châteaux hantés
ou la femme idéale joue à l’amour
au détriment du plaisir.

Faux pas

N’hésitez pas à crier
si votre esprit trébuche.
face bistre
Profil machinal.

Aurores

Les aurores boréales
ont annoncé le naufrage du temps
confié aux alizés.

Muses...

Sur ses lèvres,
Les mots de tous les jours
transmutés en proverbes
pour initier les hommes
aux rites de sa tragédie.

Sa parole délivrée
de la musique,
transplantée
sur la terre des Indiens
Aux milieux des sanglots
d'un cadavre exquis.

Chaque fois
qu'elle me regarde
je sens mon âme vacillée
au fond de son éternité
en attente d'un souffle
qui unit le verbe et la vie.

En péril

Les mythes passent et repassent
avec leurs cortèges tous azimuts,
insurrectionnels et bavards,
propres à casser notre sommeil de bois
pour renouveler le jour.

Complice du vécu
L’effroi qui ne cesse ...
Aux heures urgentes,
d’un pourrissement du ciel
oublier nos rêves en otage
à chaque instant remis à jour,
Pour guérir la gangrène!

Dans la lassitude des gestes
D'un quotidien au hasard
d'une dépression
d'un humour self-control,
d'une politesse ironique
de dandy post-moderne
poseur à la voix rouillée,
débitant monocorde
tout une litanie de codes.

Qui n’est pas en péril?

Ce qui se passera
Sera!

Mythique

Notre anatomie magique
falsifiée par la foudre,
Pour accomplir le péché originel

Face à cette vie secrète,
Entre l’espoir et le boudoir
d'une géographie plurielle.

Nos têtes fragiles
Laissées à la porte des cités
En retard d’une histoire.

Face à face lézardé,
agitées des bruits du futur
aux yeux de la tragédie.

Pour quelle victoire?

A voix basse,
des éclats de paroles...

En vrac des mots terrorisés,
enregistrés, diffusés
dans les ruines grandioses,
de ma télévision sans histoire
programmée pour s’autodétruire
dans la camisole urbaine
perturbée d’états d’urgence.

La geule de bois qui dégringole
Devant ce réel improvisé
à la merci d’un pouvoir
Des siècles et des hommes?

Qui va libérer nos sens
Du poids de l’arbitraire social
De la misère sédimentée.

De l’image débrouillée
qui trompe l’amour
sans fausser le pire.

Spy-Ritual

De nos rites dévoyés
dans l’anarchie des sacrifices,
De mes veines sans mirages
Tirer le sang pour une absolution.

Aux secrets de nos ancêtres
transformés en épicentre
d’un drame cosmique
Que la dérive refuse
Aux désirs.

Est-ce la dent vagabonde?
d’un vampire fou
qui respire mes méninges?
Ou la nuit organisée
de convergences
qui impose son verdict.

Sans ancrage

Chercher le sens d’une liberté
que le rivage jette en pâture aux requins.
Comme un flottement au creux de la nuit
Éclaboussé de corps en délit.

Tragique à déphraser les mots,
Mes dents craquent ma prison
expliquant la vie en bouts d’être,
dans une chaîne étriquée
paniquée de sauve qui peut.

Dans ces temps contradictoires,
il n’y a que des images d’apparat,
trompe l’œil sublimé de bruits sourds,
de décompressions détournées,
tissées de révoltes.

Portrait d’aube

A cinq heures du matin.
Mon garde du corps
est une magnétophone
dont les arabesques
sont autant de stances
défiant les intempéries...

Les mots de la veille
embués de la nuit
défilent en graffiti,
livrés à la guerre des maux.

...aux instincts hétéroclites
de ma rapsodie numérique.

Sans auteur…

Le langage comme une parole à faire,
dans l’acte de dire
d'une poétique rappeuse
Détournée du fonds des abîmes
dans la mesure des phobies
se regardant et s’auto créant.

La nuit tombée
Aux heures du grand dégel
posée à coté des mots
comme un mensonge lugubre
Consacrée sans acte et sans usage
aux Dieux sémantiques.

Dans le souffle indicible
d'une Chronique underground,
cordes sensibles
Fragilisées
Pour un instant privilégié.

Baiser d’adieu

Un corps qui s’autre
Se détache ou se délivre
Par un dernier baiser
une dernière fois
Avec l’avant-goût
du demain improbable.

...dont on ne peut se guérir
qui file entre les doigts,
dans l’impossibilité de sa légende.

Se réapproprier le désir de l’autre
conserver cette image
de dernière minute
du dialogue amoureux,
qui fige le désarroi
par un baiser avarié.

Se contenter de l’impromptu
se violenter et accepter de se détacher
d’une complicité au rire nerveux.
Être radical de mon alter ego
Aux confins d'une nudité cravatée,
digitalisée...
maquillée de manque de sommeil.

Syllabe de Chair

Relire mes vers
Dans la syllabe concrète,
pour extirper les démences
de l’espèce humaine...

Pour y déceler
une culpabilité de l’histoire.
Un contresens à l’existence,
dans la victoire du mot à dire
par lâcheté de l’esprit.

Mon verbe désossé
A la recherche du réel
sabotent les usages
Comme une grimace grivoise
qui dérive de sexe en sexe
Privatisée par le plaisir.

Ethernité

Elle change mes draps
A ciel ouvert d’un soleil dérisoire,
qui s’étend sans limite
à double tour dans la fièvre.

Et des heures entières
dans ce corps prothèse,
je voyage d’une âme à l’autre.

Pourtant je ne bouge pas
Comme si le vide était au pied du lit
Qui m’attendait.

Nature...Rature

Ma tête gît
dans une assiette blanche
Assoiffée d’angélus
de fables et de magies.

figuration
...en décalcomanie,
des images endolories
de Mon sang coagulé
dans une fresque en délire
aux insolites naissances,
aux corps fugaces,
de chaque geste.

La roue dentée grince
à coté de l’essentiel
à compter chaque seconde
de notre itinérance.

Géographie immobile
en pose automatique
de ma mémoire trouée.

En sursis du monde,
arpentant les trottoirs des villes,
aux confins de l’exil.

Polyphrasé

Un pays-langage
qui module ses chants
de mille feux d’extases
en quête d’une exégèse.

Otage d’itinérances
en fuite notoire
des sentiments.
Chaque trace de vie
est un mouvement d’être.
Qui n’a plus de secret.

Comme un bel argument
muté en vice idéal,
dans un silence nocturne
dépouillé par la faim.

SLAM

Mon projet-texte
livré à l’imposture
d’une certaine façon de dire
est un concert aléatoire.

Mon poème-essai
délivré du non dit,
constate en ratures
la galipote
aux yeux trop humains
qui fait sa ronde avant le jour.

Face à photographier
Pour biffer l’identité.
Comme un pré-texte,
en mots scarifiés,
interdits
par le langage.

Copiant la télévision
en tentatives d’évidence.
Basculant la chair fraîche
pour un siècle atemporel
béni à l’eau de vie.

Mon verbe écoeuré
de tentations inégales,
devient un songe cadré
au bout d’une rue blanche
quand la nuit s’abrutit.

Cités de la lune

Un après-midi blafard
en X-trême prose urbaine
à la portée des cameras
De notre social fragilisé.

Déjouant Five-O-Zéro
en pleine rue
de pneus enflammés
au jour le jour
de notre Statu Quo.

Face à une guérilla
inventée par le vécu.
Livrée dans les couloirs étroits
des Cités de la Lune,
prises en otage
d'une inflation de réel.

Sondant toute dissidence
Décadente
A répétition
Mimétique.
En improvisation
Des signes du possible.

M'amuse

Les créateurs de monde
Envient les mers lointaines
De leur ravir la Muse.

A-t-elle la clé des champs?

Interdit de songe

Amants sans texte
confiés au feu sacré,
nous ramassons les douilles,
devant ce monument
pour fabriquer un carcan au vécu
de cette Terre meurtrie,
qui croupie en quarantaine
sous un ciel incertain.

Expédition

Entassés dans la carlingue de la mort,
dans une nuit sans rémission
de mal caduc de vagues violentes
Que vomit la mer houleuse.

Île licite

La Bataille pendra fin un jour,
quand les peuples emmêlés
auront conquis leur foi.
Et non invoquer Dieu
Comme un défi de l'histoire!

Rapture

Au bout des cordes
les démiurges
Livrer la guerre
Au rats
pour offrir un destin
aux jongleurs de mots
qui ont envahi notre catastrophe.
Qui ont séquestré l’esprit de notre combat
Mettant nos drapeaux en berne
Tel les grands brûlés de la guerre froide

Nuit blanche

Artistes au ventre fauve
Rivés à cette île
Dans l’humus audacieux
du sang des ancêtres.

Gardiens d’un morceau de terre
Incrustée dans la mer
Comme un joyau sublime
Paré pour un cadeau suprême.

nos cauchemars sont des offrandes
aux esprits qui bénissent nos rêves.
Quand le soleil de plomb fait fondre
notre inspiration dans la patine du temps.

Notre demeure est un asile
Délibérément amnésique
dans la poursuite du bonheur,
effaçant dans le vertige,
les traces de la vertu.

Comment trier la pagination de nos visions?
dans le miroir du quotidien
Comment inscrire nos idées
dans la galerie des cadavres.

Comment sonder l’éternité?

L’envers du monde

La damnation fantasque
d'une grossesse extra-utérine
Que les ténèbres cachent à la beauté.

Il voulait embrasser le soleil
Comme un guignol
En tenue d’Oncle Sam.

Une créature de la convulsion
En isolement
Comme un Gothique
Baisé par un vampire.

Jouant une partition
inscrite sur les murs d’un palais
Ou l’évangile a échoué
Dans un amalgame
De sentiments insondables.

Éxilé

Il ira prendre son café
Dans le bar de la gare
car le train est en retard.

Le clocher ne sonnera pas
du minerai qu’il a promis à sa femme
Couleur de jade ou Marquis de Sade.

Mais l’horloge marquera l’heure juste
Pour prévenir sa femme.

Placé sur une civière
En flagrant délit d’une imposture
Qui dénature son sexe pour le confondre
à son chagrin impalpable.
En décomposition.

Sous ce ciel contradictoire
Le vitriol est un délice
Mais la mémoire ne peut s’oublier.

SOS

Une nuit pour sacrifier Dieu
Comme un cri détourné
Volé à l’existence
Jusqu’à l’hérésie.

Bombardopolis
Aux armes créoles
Aux yeux trous noirs
Qui bouffent nos méninges.
Qui raflent nos cauchemars
Dans une crise immémoriale.

Cocu d’une magie qui nous fait vivre
ce que le crépitement des balles
dans la nuit lourde nous fait entendre
L’inquiétude d’un chien
Qui aboie comme un SOS.

De la mort subite

Héros et Martyrs
de la terre brûlée
Aux Corps sanglés
De vestiges préfabriqués.
dont le passage à l’acte
est une dérision
Improvisés par l’état d’urgence.

Un point de fuite
rivé au mal de notre siècle.
Faussant les pistes
de notre origine.
Images insolubles
Objets scellés
Étiquetés
Numérotés
Numérisés
Mises à prix.

Portrait de guerre

Le faucon inscrit sa légende
Dans une nouvelle topologie du vertige.
Pour consacrer le triomphe d’un ordre usurier.

Comment comptabiliser
une guerre préventive
que la contestation
a dénoncée à la fraude?
Un monument.
pour deux cathédrales paniquées
aux fureurs surexposées
comme d’immenses rochers
déployant leurs muscles volcaniques
pour délivrer les cieux
de la profondeur des mers.

La mer est un mirage

Il y a un marin fou
Dans chaque port du monde
Mais personne n’a vu ma femme
Habillée d’étoiles filantes.
Seule sa voix demeure
dans le fracas des vagues.

Ma femme maquillée par la foudre
Qui rêve de vivre dans un phare abandonné.
Ma femme aux gestes clos
qui délimitent mes sens
au désir charnel.
Troquant ma libido
Pour un radeau sans port.
Au gré des vagues de la mer turbulente.
Recueillant la lune brisée
dans les plis de sa pudeur.

Elle joue aux dés avec mes sentiments
Racontant machinalement sa vie
Avec la cendre de mes poèmes
Qu’elle éparpille au gré des vagues,
Avec sa voix blanche
qui engloutit le monde.

Mots en quarantaine

Notre mémoire
exacerbée par la cartographie
de l’immuable
Anarchise les mots
Pour livrer notre oeuvre
à la terre qui guérit.

Défiant l’ordre social,
Pour l’apothéose du crépuscule
D'une Prophètie articulée
par une chronologie de l’évidence.

Dandy païen dans l’immanence de la lumière.
Comment maîtriser l’horreur
Face à l’urgence d’une quarantaine?

Devoir d'amnésique

Nous sommes nus
Dans la ville en bandition
Car nos routes n’ont plus d’horizon.

Nos peurs incongrues
Neutralisent le sens de notre célébration
Pour consacrer notre devoir étriqué.

Et nos hémorragies
s’ajustent bout à bout
dans chaque quartier désaffecté
dans chaque bidonville laissé pour compte
dans chaque famille estropiée
Pour déformer notre panthéon.

La parole n’a plus sa place
Quand le bon sens n’à que faire
du sens commun.

Aux cris des bêtes féroces
Prêtons l’oreille!

La muse à minuit

Aux os et à la chair
Je tiens maison ouverte
Au gré de mon cœur téméraire.

Au hasard de baisers clandestins
Je confie la clé des songes
Au gré d’un compte à rebours.
Cicatrisé par le destin.

Dans ce lit insolite
Ma guerre somatisée
a hébergé dans le corps
d’une diva au coeur de muse

Qui m’offre à l’armistice
Une progéniture plastique
Secouée de spasmes
Sans répit.

Signes de vie

Quand sonne le glas
Les chiens aboient aux carrefours
La flamme implose
Dans une danse paniquée
La solitude du monarque
Résonne au firmament
La parole du poète
Déchire la carapace des signes.

Rien n’arrête le venin
que les caresses vont vaguer
Dans une lutte sans merci
Qui efface des nuits entières
dans l’almanach des mortels
Pour arnaquer l’ivresse…
Percevoir une taxe
Et séduire les fous
dans leurs joies fugaces.

Continuum

Sans les idées futiles
Notre continuum exorbiterait
au delà de l’instinct.

Dans le grand jeu divin,
la vie est un miroir aveugle
que le temps s’approprie.

A chaque instant de raison...

Happée par la grande gueule
des idées préconçues.
Vivant d’écrans hyper lascifs,
Embarqués...
Vingt et unième siècle
etc.

Trace d’infini

L’oiseau rouge
ravit le cœur de Fréda
Marquant le firmament d’une trace écarlate
Que mon chant ne saurait effacer.

Ouvrant l’infini au désir,
ses yeux sont d’infinis voyages
Que le cérémonial de la séduction
Ne saurait raconter.

Inventant l’amour…
Dans une figuration hantée
Qui réinvente l’art par un miracle quotidien
brûlant les nuages de tous les tableaux.

L’oiseau rouge emporte la Madone
Vers l’horizon où se perdent toutes pensées
Sur un lit d’ocre de feuilles mortes
Où la nature monumentale
a déposé ses illusions.

Là où mon âme damnée
Aura trouvé la paix

D’imaginaire étant…

Si ma quête sombre
C’est que mon âme vague

Si ma requête persiste
C’est qu’elle est cruelle

Si ma lutte s’applique
Si comme ma nuque
La nuit, c’est clic…

Avatar

Gardé au grand jour
par les Hébreux
Dans l’étude des symboles
cabalisés de l’écriture.
Nos vèvès marquent le temps
Avec la cendre de nos turpitudes.

La corne d’abondance
Est un avatar de l’oubli.

Principe du plaisir

Les vieux livres ont leur odeur
parce qu’ils ont soif.

Les vieilles chaises
c’est la tradition jetée en pâture
aux magiciens Hébreux

Le principe du plaisir
c’est la prison à vie
pour un homme sans demeure.

SUPPLIQUE DE LA MANDIVA

Ô seigneur des nuits et des jours
Mystère suprême de la vie et de la mort
Me voici votre fidèle Mandiva

Ô Grand Totem de mes ancêtres
Que les devins invoquent
Que les chasseurs implorent.
Que les guerriers adorent.

Me voici toute nue
Devant votre autel d’écumes
Affrontant les marées et les vents
Pour me révéler à votre éternité.

Me reconnaissez-vous ?
Celle que tous les humains désirent
Mais qui espère votre grâce
Seconde après seconde.

Moi qui ai respecté toutes vos consignes
Qui ai fait tous les pèlerinages
Qui ai consulté tous les oracles
A la recherche de votre bénédiction.

Me voici toute à vous
Du fond de ma douleur
Implorant votre bonté
Les mains alourdies
par les bagues consacrées.

Grand Soleil de nos galaxies
Victoire de ma victoire
Héros de mes visions.

Me voici dans ma chair
Perdue jour après jour
Dans le labyrinthe magique.

C’est moi la Mandiva
A qui vous avez promis la gloire
Libations après libations
A qui vous avez donné la richesse
Offrandes après offrandes
A qui vous avez confié la mission
Sacrifices après sacrifices
A qui vous avez promis l’éternité
Bougies après bougies.

Me voici votre dévouée
Celle par qui le monde respire.
Espérant votre pardon
Face au délire des sens.

Océans éternels

Donnez-moi la clé des 3 portes
Pour entrer dans votre sanctuaire
Donnez-moi les 7 bouteilles
Pour guérir les maux universels
Donnez-moi le drapeau des Cent une nations
Pour conquérir l’univers.

Amnésique

Comme des archers métalliques
dans l’effroi de l’abîme.

Nos doigts déchirent le vide
comme une caresse dans la peur.

Nos voix réveillent le temps
à la recherche d’une divination.

Nous mettons le feu au cimetière
Pour balafrer l’obscurité.

S’agit-il de conquérir l’extase ou d’avoir la mort en prime?

La mort-valise qui n’attend rien
Qui fait écran au quotidien.
Reconstituant les subversions
Là où mes cauchemars ont échoué
Dans une épreuve d’imaginaire.
Là où mes poings ont frappé
Jusqu’à la crampe…
Tel le broyeur d’images
Ou l’horloge délirant
Qui sécrète ses secondes
En guise d’épidémie.

Elle vit d’entractes.
Dans une ronde rituelle
Ou nos mythes
ne cadrent plus notre conscience.

Tortures nocturnes

Est-ce ma voix dans l’écho?
Dans le bruit creux du sang froid
Coagulé / subjugé (sub / conjugé)
Fixant notre vécu dans la chair obscure
du sang de feu
qui coule en magma
S’éparpillant tortures
En dislocations nocturnes.

Cœur à cœur sans nos masques.
Cieux contre cieux sans nos casques.

Mains trop fragiles pour saisir le vif.
Devant cette mer à jamais démontée.

Ruptures

Devant la croix qui crie vengeance
L’antéchrist est un enfant.

Le mendiant nu est une abeille
Que la société a troqué.

Par oubli de liberté
Par fidélité au pouvoir d’autrui
Par défiance de l’humain.

Mais aussi par démence du quotidien
Par dépit de la guérison
Par dérision de l’absolu
Par démission de l’enfer.

Notre génération aura vécu ses péchés
Dans le beat staccadé d’une gloire illicite.

Notre siècle a vécu ses passions
Aux noms des Dieux d’une magie interdite
Invoqués en prière fossile.

Tous drapeaux déployés
dans un spectacle interactif
ou le metteur en scène
est aussi porte-drapeau.
Actualisant de ses chants exaltants
Notre désir renvoyé à une date ultérieure.

L’homme est une béquille.
Que le silence a trompé.

A armes égales

Un jour tu m’as dit :
Mon corps appartient à l’amour
Mon âme aux armes
Ma vie à la rue.

Tes lèvres ont dévoré
mon souffle receleur d’ombres
dans la torpeur des nuits.
Mes sens se sont abreuvés
au contact de ton être,
Dans ta goutte d’eau fragile,
Dans les bruits de ton corps.

Comme une mince couche d’azur
Sur tes paupières fanées,
je retrouve la mélancolie de ma jeunesse
Exposée sur les radars du monde
Pour fixer nos cœurs variables
Dans cette guerre des sexes
Dont les dommages collatéraux
Sont autant de victoires.

Haikupunkture


Tapez du pied
Tapez des pieds
Riez au feu.!
Epinglez vos yeux.
Marchez.
Sifflez!
Sifflez!

Suivez mon regard

Regardez ce point dans le lointain
Regardez – regardez
Je tourne la tête
Derrière moi
Mon dos ne voit pas ma face
Regardez – regardez
Mes yeux cherchent mon regard
Je passe, je repasse, je dépasse, et trépasse.

L’œil

L’œil cyclope.
L’œil de milliards de soleils.
L’œil qui n’a qu’un œil, attaché, cloué.
Et qui saigne, qui brûle, qui nous irrigue.
Nombril mythique,
Funèbre et sans issue.

Osez donc déterrer vos morts.
Ils sont heureux dans le brouillard.

God save my Queen

Ma chanson dérisoire
Ne sauvera pas la reine
au crâne rasé.

Mon esprit de desertion
arpente les rues perdues
de notre île éternelle!

Notre trône ne connaît plus de monarques
Car notre noblesse est une parure
Notre grandeur, un vœu
Notre château, un chemin
Que nos voyages ont déserté
Répondant à l’appel aux armes
A la grande poudrière.

Notre diadème est une surprise
Qui demande des sacrifices
Signer des pactes
Prendre des engagements
Pour engendrer la contestation
Dans le souffle léger des muses.

Nos blasons sont sans usage
Comme des emblèmes hallucinés
Que la mythologie transige dans le délire.

Comme un référendum que le génie refuse
Dans l’oubli social d’une dévotion.
Trouvant le salut dans l’extase.
Transitoire et sardonique
Pour offrir au peuple
Un autre odyssée!

Lesbos néoiste

L’Homme autodafé
Regardant autrui
De l’œil profond
de sa détresse.

Délivré de la haine,
Happé par les spasmes
d’une humanité en délire.
Qui brûle ses cadavres
Pour effacer l’inconscient
Qui gomme le vécu
Pour tromper les missiles.

Se lançant dans la guerre
Pour défendre la foi.
En épisodes fondus et enchaînés
D’une inconscience télévision
Comme un corps occulté
d’une nouvelle forme
une sorte de brouillard?

Une crispation d’être
Monument décentré
Echappé à la censure.

Chasteté

La tête ouverte par le trou d’une serrure
est une biomasse aux yeux laser
Qui avale le vitriol
dans l’espoir d’être zombi.

C’est la propagande à la liberté
Qui cherche la parole
de sa propre dislocation
Dans l’imposture du sacrifice.

Effaçant les traces de ses mythes
Dans le désarroi collectif.
Dispersant ses prodiges
Dans l’expérience sidéenne.

C’est la soif d’absolu
Qui détourne la révélation.
Zappant les écrans du quotidien
dans l’audace d’une liturgie.

Éternisant notre prière
dans une parodie de la roue céleste
Au prix du châtiment infligé
à la négritude affolée.

L’échappée belle!

Endormie comme une morte
J’aurais passé le reste de ma vie
À surveiller son souffle.

Paniquée
elle mange ses rêves
Comme des romans
parfumés aux liquid sky
Ça la rend obscène et frénétique

Sans crier gare
elle vous saute dessus
Vous dévorant à pleines dents
Elle est cruelle et facétieuse

Corps improvisé

Son ventre est un oiseau
Qui retient le temps
dans l’envergure de ses vols.

Arrosant la genèse
de la sueur de son corps improvisé,
dans une violence sans rémission
qui raconte l’itinéraire
Pour chaque naissance.

Elle a peur de l’amour
pour échapper au pire.
dans l’oubli des siècles
que nos batailles ont fécondé.

Ses pleurs rejoignent la mer houleuse
pour laver notre victoire
du sang des innocents.

Sa transe est un rituel
qui délivre les enfants
de nos peurs étriquées.

Elle inspire un peuple
qui chante en daki sacré
ce que ses ancêtres ont vécu.

Homo sapiens exquis

Nue céleste,
merveilleuse et pudique
comme un cadavre exquis.

Elle attendait la fièvre
Comme une caresse,
Compulsant le kamasutra
dans les recoins de sa pensée,
Sautillant d’une idée à l’autre
toujours agile face à l’ambiguïté.

Dans ses bras labyrinthes
Où la nuit s’est suicidée,
une meute de chiens dévore la tempête
qui sert de carapace au jour nouveau.

Elle riait.
Elle riait toute seule.
Pour purifier son âme.
Sur sa tête, la mer éclatée...
Dans ses mains de voie lactée
Un brasier d’astres perdus.

Elle cessa de rire.
Alors la mer,
guidée par ses chevaux d’écumes
Descendit sur la terre.

Traces de Tag

Nos corps tracent
une généalogie aveugle
sur les murs troublés de la cité.

Dans cette ville interdite,
nous voyons passer les loups
déguisés en nus vites libérés.
Suivis des nus sans sexe,
A peu près tout.
Sauf le coureur innocent
ravagé sous la pluie
par le masque aux yeux vides
qu’une naissance au fond des âges
aura tendu en piège fatal.

Figures lasse de beauté
que le réel a transgressée
pour célébrer nos reliques.
À l’horizon composite
ou nos frères disparurent
dans une nébuleuse de pixels.

U N

Nous sommes nus
Dans la ville en bandition
Car nos routes n’ont plus d’horizon.

Nos peurs incongrues
Neutralisent le sens de notre célébration
Pour consacrer notre devoir étriqué.

Et nos hémorragies
s’ajustent bout à bout
dans chaque quartier désaffecté
dans chaque bidonville laissé pour compte
dans chaque famille estropiée
Pour déformer notre panthéon.

La parole n’a plus sa place
Quand le bon sens n’à que faire
du sens commun.

Aux cris des bêtes féroces
Prêtons l’oreille!

KOWEITCITY.HT

A Koweit City, la vie sent le feu.
La mort n’est jamais loin.
Perdue dans un territoire sans lieu
baptisé à la va vite.

Le commerce de la gazoline
ressuscite la cité autrefois interdite,
désormais rendue accessible
au commun des mortels.

La poussière cache mal l’arrivée des camions
Qu’on débarque sous la gouverne des trafiquants.
Les « dwoum » d’essence roulent
sur deux planches jusqu’à terre.

Aujourd’hui, la gazoline coule à flot.

Pour se désaltérer,
cet homme prend une rasade de clairin.
La sueur qui perle à son front
sera payée en gourdes sans usage
pour assouvir sa soif.

Comme ce type qui trimballe
un grand récipient en plastique
à la recherche d’un lendemain
dans cette cité gangrénée par la violence.

Un petit groupe de passants,
dévorant l’air brulé,
constatent en radotage
la limite de leurs ambitions.

La cité s’installe dans la virtualité
de son commerce délirant
Ses habitants ruminent la suie.
Leurs mains graisseuses manipulent des billets fossiles,
frappés à l’effigie de leur bourreau.

Cet argent n’achète pas la terre.
Il est l’illusion de leur demeure.
ce sentiment s’inscrit dans toutes les transactions
De cette cité qui s’enfonce dans l’incertitude
pour cuver son pétrole
acheté de l’autre coté de la frontière,
au marché des haines séculaires.

Le type avec le grand récipient en plastique
compte devenir un grand dealer,
esquissant déjà les gestes de sa victoire.
Il s’engouffre dans un couloir infini,
asphyxié entre deux maisonnettes
dont les murs gondolent.
Dans les traces de ses pas
le pétrole chasse les vermines.
Quand une pierre craque sous son poids,
il tâte sa poche fébrilement,
puis disparaît vers son ombre
que le soleil étire jusqu’à la grimace.

Midi à Koweït City,
c’est l’heure des enjambées fatales.
L’humeur des survivants
en sera à jamais marquée.
Ils ne pourront plus vivre normalement
sans la suffocation de l’air
Vrillé par la colle.

La faim fait délirer un homme,
le regard intoxiqué,
son haleine pourrait prendre feu.

Une fine poussière recouvre la vie,
elle se faufile au fond de la gorge.

Le toussotement rauque d’une femme
annonce déjà le couvre-feu.

Tous les habitants doivent rentrer.
Le plus tôt, sans tarder pour éviter le pire.
Mais du plomb fondu,
gomme leurs gestes.

L’eau a coulé toute la nuit comme une chimère.

Les habitants ont le droit de se réveiller
au lever du soleil pour aller chercher l’eau
Dans la fontaine publique
qui trône au milieu de la cité.

Dérives sans limite
sur cette île qui s’effrite dans la mer,
le feu peut tout consumer.

C’est le rêve secret de cet enfant,
un paquet de bois sous le bras.
Lui et d’autres sont en train de construire
une embarcation pour prendre la mer.

Depuis on n’attendit plus parler,
ni de Miracle, ni de ses passagers.
Sans énergie, la cité vit de rumeur
Les devins aussi n’avaient pas de nouvelles.

Les cadavres laissés par la nuit
se dévoilent à l’aube.
Deux femmes, trois hommes, un enfant.
Les femmes violées,
les hommes crucifiés
et l’enfant dépecé
son cœur a été extirpé,
arraché dans un cri que la nuit a emporté.

Les os ont disparus
après que les chiens eurent fait leur festin.
la tête tranchée n’avait plus de langue,
les dents avaient été enlevées à coup de masse.
La poussière se chargera d’ensevelir l’odeur.
Leur absence s’ajoute à la liste
qu’aucun monument aux morts
ne saurait songer.

Juste en face, il y a un fort
qui s’enfonce,
un peu plus dans la boue.

Y habitent
ceux qui préparent la nourriture des chiens.
Ils ne sortent que la nuit.

Dans la cour gît le corps d’un homme,
Son sang coagulé trace les emblèmes d’un pays.
Sans monnaie locale dans une fuite en avant
ponctuée d’holocaustes.


Août 1993

Taxi

Des motos corbillards
Traînent les morts dans la boue
Pour tromper leur deuil
A la dernière lueur du jour.

Pays

Notre pays livré
Aux précarités globales
Oublie son passé
Pour ajuster son présent
Aux contingences du réel
Improbable et sans recours.

Une île catastrophée
Devenue volcan
au cœur des hommes
Entachée
d'Une aube maculée
Du sang de nos espoirs.

Poètes d’asile?

Je vous offre la carte de nos exils
en guise de laissez-passer
Pour l’antre sacré
des mornes aux milles secrets
du pays de nos ancêtres.

Dans la grotte des naissances
où la source des vingt et un serpents
coule pour le temps retrouvé.

Warfare

Poète noir à la langue percée
Aux vers fétiches de fin du monde.

Nain aux mains d’étoiles
Au ventre ravagé de cratères
Que le Chachra a conquis.

Notre trajectoire
est notre seul instrument
pour mesurer la perte du langage.
Car, la calligraphie de la tour de Babel
n’a pas besoin de notre sémantique.
Elle est notre catastrophe
à la démesure du verbe
Que la muse a engendré
Dans le tourment de nos voix.

Sans dessein

Au gré d’un mur maculé de graffiti,
Le sang qui coule n’est qu’un songe
Humide comme une nausée gélatine.

Otage impassible
En ces états multiples.
Comme un pseudopode
qui s’écoule
Goutte à goutte
l’une contre l’autre
insolites et transversales
dans l’équilibre du chaos.

Sans limites et sans destin.

La République…

Un grand œil torse
Rescapé des camisoles de force
Foulant les rives d’écumes
De ses pas convulsifs.
Sodomisée,
la République.

La perle embrasée
D’éclats fantasques
Sans masque à gaz
Pour rencontrer l’insondable.

Île balise vidée
Et pourtant…
Corps linceul de beauté précoce
Qui court-circuite le désir
De dérives à l’improviste
Dans une guerre désamorcée
Où le rire et l’hystérie
Sœurs joyeuses à jamais sublimées
Trichent par le baiser.

Censure d'espèce

Cette nuit sans lendemain
Qui s’approprie ma lecture de la chair.
Mon enfer éternel.

Tordue au fil des saisons
Déjouée par les mélancolies
que joue mon cœur avide,
Consacrée à jamais
par les joies de l’amour.

Disposant des magies lubriques
Claustrophobes et sanguinaires

Au grand jeu de l’indicible.
Ultime refuge qui escompte mes soupirs
En rictus négligé
En gage d’autres vœux pour ma lucidité.

Cette nuit sans lendemain
Délivrée du Sphinx
troublée de bruits opaques
Défiant l’insomnie
pour engendrer l’autocensure.

Cocktail rebelle

Ma table de chevet
est un cocktail molotov
D’une révolte qui n’a plus d’âge,
Ou le manège des idées reçues
Tourne en rond jusqu’à la rébellion.

Ma génération auréolée,
néo-mystique,
Laissée en pâture
à l’espoir déréglé de sa destinée,
À l'esprit biblique
d’une esthétique catastrophe
Exigeant sa part de la mort étoilée.

Poètes d’un millénaire
Aux portraits criblés de balles
Cicatrisés par la démangeaison des asticots,
Vos nuits ne vous appartiennent pas,
Donnez-les aux soupirs des amoureux
brûlés vifs sur un tango fatal.

Architectes de la transhumance
Je suis votre tatouage
Recto verso au nom de votre parole
Jamais réel à jamais sanglant
Collé à votre conscience
Pour baiser l’insurrection.

J’angoisse votre salut

Exit sur terre

Les vieux démons des îles
ont fragmenté notre histoire
En guise d’expiation
Pour une démocratie traquée.

Est-ce une parole
Venant du fond des âges
Qui doit nous révéler?

Est-ce la promesse
d’un territoire squatté
Qui peut nous apaiser?

Est-ce l’amour
d’une femme libérée
Qui va nous castrer?

Chaque continent est une rançon
que l’humanité a troquée,
en inventant le pire
Pour une liberté truquée
Au nom des Dieux.

Comme s’il faut payer
un tribut aux cieux
Pour exister sur terre.

Les pendules de la nuit

Notre parole
n’appartient à personne.
Libérée de la Bible,
Elle troque sa démesure
pour un métronome.

Nos tombeaux sont sans usage
Perdus sans matricule
Dans une aventure
à la portée des limites du connu.

Retraçant chaque sentence
de la mâchoire automate,
Obscène et vertébrale
comme une vie à double tour
Soumise à la gravité de l’apparence.

Cherchant l’éternité dans la respiration des jours
qui finissent toujours dans le constat de la nuit.

Nos vérités en délire
A la recherche d’un futur.
Pour remettre à l’heure
les pendules de l’histoire.

La mer(e)

La mer caspienne
coule dans les rides de ma mère
Égale à elle comme un arbre sacré.

La ville est marquée
De ses pas en quête de vérité.
Elle défie ses cauchemars
Au risque de tout casser.

Ses pensées sont des remparts
Qui jugulent le désastre.
En bandes anarchiques.
Squattant notre pays.

Les armées n’osent l’affronter
Quand elle déchaîne ses éléments
Le soleil est sombre
Quand elle sommeille.

Ses paroles arrêtent le vent
Ses soupirs sont la rosée du matin.
Son souffle nombril du Nil
Est rivée au firmament.

Intro/scription

À la grande gueule
Noyée sans matricule
dans le trafic des corps,
mais retrouvée intacte dans le cri
comme un malaise-mode
Au diapason des pulsions.

Cadrant ma face blafarde
Dans la noirceur utilitaire
Pour des rudiments de langage
dans une gueule piégée!

L’oubli sans rancune
D’une évidence molle
Effrayée du coma
que chaque être
Tient à vivre
dans le souci
de sa légende.

Vogue et Vague

Si je ne sais plus mon âge
C’est peut-être une marque du temps.
Si je ne sais plus mon nom
C’est que la mer est vaste.
Si je ne reconnais plus mon pays
C’est que mon radeau de fortune
Vogue en plein non lieu.

Face à face avec ce masque
aux yeux d’enfer
Qui mémorise ma vie
Dans les recoins de son silence.

Respirant par cette brèche
où gesticule mon corps.
Dans ce vide anthropoïde
Ou mes nerfs cinétiques
Forniquent avec l’infini
Là où mon sang signifie.

Le Choix des Choses

Le Maître des Rêves réalise les Vœux du poète
En confiant au Temps les secrets du Hasard.

Le Maître du Verbe recharge la Réalité
En s’inspirant de nos Songes livrés aux stratèges

Le Maître du Hasard est cette poupée de porcelaine
Élevée au rang d’Icône Magique.

Comme une Égérie désaxée
de sa peur insolite
Indolente nerveuse prise en Otage
Par la Dévotion humaine.

Le Maître du Vide
n’a pas l’esprit de Sacrifice
Il s’immole pour décevoir
Ses Instincts factices.
Il s’isole pour dépister l’Ennui
qui lui sert d’Apparat!